La phrase de trop

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Le vendredi après-midi, chez moi, c’est mon moment. C’est mes trois heures où je sais que je vais être seule à la maison, où je me recharge un peu, où je profite de pouvoir lire tranquillement, regarder un bout de film, faire un peu de couture, ouvrir mon blog… Où encore, si je suis très motivée, étendre le linge sans surveiller/entendre couiner/être interrompue.

Le vendredi midi, je peux manger directement dans le saladier sans me soucier de montrer le mauvais exemple. Je peux faire de l’ordinateur en même temps. Je peux prendre mon dessert à quinze heure.

Le vendredi après-midi, je ne fais RIEN de spécial, mais c’est une question d’équilibre mental et physique. C’est mon moment où je suis celle que j’étais avant d’être maman, où je ne m’occupe de rien ni de personne. C’est égoïste, ça dure environ 3h, ça fait vraiment du bien, je dirais même plus, ça me permet d’apprécier tout le reste!

Voilà, le vendredi après-midi, je n’ai pas vraiment de règle, si ce n’est faire la vaisselle, être à l’heure chez la nounou, et être un peu requinquée de ma semaine crevante pour passer du temps de qualité avec mon fils.

Mais cet après-midi c’est spécial. le Tour de France arrive juste à côté de chez moi et mes proches y vont, ce qui chamboule mon non-programme bien sûr. Et avant de partir du travail, ma collègue m’a demandé si j’allais le voir ou pas. Comme le vendredi je n’ai pas de règle, j’ai répondu : “je ne sais pas encore, j’hésite à rester chez moi et ne rien faire“. Puis bon, si à 10 ans j’étais passionnée par le Tour de France (et le Panaché que j’avais le droit de partager avec mon père), ça m’éclate beaucoup moins maintenant (et en plus il n’y aura pas la caravane Cochonou). Mais là n’est pas vraiment le sujet.

Ma collègue, qui a mon âge et à peu près la même situation que moi mais PAS d’enfant, m’a répondu, attention accrochez-vous : “Oulah moi j’ai pas le temps de flâner!”.

J’avais envie de pleurer. Pleurer de fatigue, de colère et de frustration. Flâner. FLÂNER! Flâner quoi! Un mot qui n’existe plus dans mon vocabulaire. Se promener main dans la main avec son chéri et profiter du coucher de soleil et des gazouillis des oiseaux. Rentrer du travail, ouvrir une bonne bouteille et s’installer en amoureux sur la terrasse et juste profiter de l’instant. Se lever le dimanche matin et se dire qu’on n’a rien à faire aujourd’hui, à part être tranquille. Tout ça sont des choses que je n’ai pas faites depuis l’arrivée de Mini Chou. Et j’avoue que je fantasme assez souvent sur toutes ces choses que j’étais totalement libre de faire avant.

Alors voilà, chère collègue sur qui je n’ai pas voulu rugir de colère, je te dédis cet article qui m’évite de ruminer ça tout l’après-midi. Et quand tu auras des enfants, je te souhaite tous les plaisirs magiques qu’un enfant puisse apporter, mais avec juste ce qu’il faut de fatigue pour que tu te souviennes avec envie du mot flâner.

Amen

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