Vendredi 13

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Il y a trois semaines, PapaChou et moi avons rejoint mon frère, ses amis, ma cousine et son chéri, et nous sommes allés boire un verre. C’était ce qu’on appelle une bonne soirée. MiniChou était chez ses grands-parents et nous pouvions retrouver nos habitudes d’antan quelques instants. J’ai même pris un virgin mojito, c’est pour dire ! Après ça, nous avons traversé la rue pour aller au japonais, celui où on commande un peu de tout pour un peu tout le monde. Au final, quand les plats arrivent, tu comprends mieux pourquoi au mur il y a des affiches indiquant : « le gaspillage sera facturé ». Autant dire qu’on s’est empiffré ! Des sushis, des nems (oui, le japonais ça peut être large), des brochettes de poulet et même à la grande joie de certains, des brochettes de bœuf au fromage (ou devrais-je dire, au faux fromage). Que du light, que du diététique, que du local, et que du bio… ou pas. L’avantage de rester omnivore même si mon alimentation quotidienne est plutôt militante, c’est que j’ai le droit à autant d’incartade que je le souhaite. Et ce soir-là, c’était bourrage stomacal à coups de sushis, de sashimis et de bière japonaise pour faire passer tout ça.

C’était chouette. A la fin on a même rigolé avec le serveur parce que certains amis n’avaient pas suivi, et lui étant habitué aux gens qui se perdent en route, n’avaient pas voulu réserver de places aux retardataires (d’où son air « pas cool » quand on a voulu monopoliser une table de douze alors que nous étions cinq). Il les connait les gens qui vont de bar en bar et qui réservent au japonais : parfois ils oublient dans quel restaurant ils ont réservé, parfois ils oublient carrément qu’ils devaient aller au restaurant.

Après ça, une petite marche, un tour en RER, et re une petite marche, c’était plutôt pas mal.

C’était un vendredi soir à Paris, rue de Lappe, une rue perpendiculaire à la rue Charonne. C’était il y a trois semaines.

A trois semaines près, ça aurait pu être nous.

« Not afraid » qu’ils nous disent. Alors oui, je vais essayer de ne rien changer. Mais sérieusement, j’y crois pas une seconde. « Not Afraid » mon cul oui, j’ai les pétoches ! Je me demande comment va grandir mon fils. J’en veux aux hommes politiques qui font leur bizbiz, nous passent de la pommade avec des beaux discours, et pendant ce temps-là, rien ne change. J’en veux à tout ce qui a fait ce contexte, aux gens qui ne bougent pas, qui ne changent pas, qui ne disent jamais rien ou merde. Aujourd’hui, j’en veux à la terre entière.

Et pourtant je ne lâcherai rien. Je continuerai de penser que ce n’est pas par la violence qu’on règlera la violence.

La mauvaise graine est là où on la sème et où on la laisse pousser.

Toutes mes pensées les plus sincères aux victimes et à leurs proches.

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2 Commentaires
  • kutoyx

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    Ah enfin! Qqn qui avoue aussi être terrifié par ces événements ! Moi c’est pareil, ça me fou la trouille, j’ai peur de prendre un avion pour aller en France ! Et quand au fait d’aller un autre week-end en amoureux à Paris, je pense que ça attendra qq années.. Stay safe!

  • Mam

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    oui lolo j’y ai aussi repensé à votre soirée dans ce quartier et comme toi je partage “not afraid” car cela ne sera pas facile dorénavant d’emmener Minichou découvrir Paris comme vous avez pu le faire dans votre enfance .
    ils ont voulu toucher notre jeunesse , saccager leur joie de vivre
    je compatis au chagrin des familles endeuillées par ces crimes. Je suis choquée.

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